Grosse toutoune

À toi monsieur X croisé dans le métro ce matin. Je l’ai bien vu ton regard inquisiteur, pour ne pas dire plein de jugement, que tu as posé, de la tête aux pieds sur la dame qui est entrée à la station Henri-Bourassa. J’ai une idée de ce que tu as pu penser, car moi aussi j’ai posé les yeux sur ses grosses fesses. Pour ma part je me suis dis:

« mon doux, mais pourquoi une personne en arrive à se faire autant de mal dans la vie ? »;

« Elle ne doit pas s’aimer, elle se puni p-e? »;

« Peut-être est-ce qu’un jour dans sa vie, elle en a simplement eu mare de passer inaperçue,  qu’inconsciemment sont corps c’est mit à emmagasiner les kilos pour prendre plus de place  dans cette gigantesque univers »…

Et après j’me suis demandé : « Mais pourquoi merde, donnons-nous autant d’importance à notre apparence corporelle ? » Qu’est-ce qu’il me dit que cette femme se déteste ? Qu’est-ce qu’il me dit qu’elle est malheureuse ? J’en ai par dessus la tête de ce jugement …

L’important c’est de s’aimer dans la vie. Que nous ne soyons pas tous le type de femme à faire le couvercle du Vogue, c’est pas grave!

Pour ma part, un jour j’ai compris que je ne serais jamais la fille mince et canon dont tous les hommes rêves. J’ai compris assez rapidement dans la vie, que si je voulais sortir du lot, je devais me démarquer autre que par mon corps. Que je devais avant tout être belle en dedans, m’aimer afin de pouvoir être belle à l’extérieur. Bon, de ce le dire c’était une chose, fallait apprendre à le penser aussi. Mes parents me faisaient remarquer plusieurs fois par jour que je n’étais pas la jolie de la famille,  en m’appelant affectueusement « Grosse Toutoune ». Parce qu’en pleine adolescence, tu as vraiment besoin de t’ça de te faire rabaisser, étiqueter comme différente et moche! Parce que oui, pour eux et pour une grosse majorité de monde, une grosse, ça peut pas être beau!

Mon premier grand amour, lorsque j’avais environs 18 ans, m’a fait la remarque que j’avais pris du poids. Je le voyais bien que cette histoire ne lui plaisais pas du tout. Quelque temps après il n’a plus trop voulu faire l’amour avec moi, me sortant des histoires bidons comme quoi il était fatigué… Quelque semaine plus tard, jme faisais sacré là comme un vieux torchon.

J’ai perdu des années à me complexer solide de mon corps, à me comparer avec plus petites et plus jolies que moi. Tu parles d’une perte de temps et d’énergie dans une vie!  Je me suis mis au gym, bon ok, pas assez assidûment! J’ai couper l’alcool, couper les portions, fait de repas plus santé… J’ai perdu…zero livres! Pendant ce temps, une bonne amie à moi s’entraîne 5 jours semaines minimum, coupe l’alcool à fond, se met au régime…. Oui, elle à perdu du poids, y’a pas de doute là dessus. À mes yeux elle semble aussi avoir perdu là réalité!  Tout dans sa vie semble tourner autour de son poids, du peu de gars qui lui reste de collé au bout de son 115lb mouillé.

Pis jme suis dit, que moi, ça ne m’arriverait pas. Je me suis mise à me comparer à plus grosse et moins jolie que moi. Wow, j’ai réalisé qu’au final, je peux être assez sexy avec mes 30 lbs en trop. À bientôt 33 ans, j’ai décidé de m’accepter tel que je suis et de m’aimer. Je choisi de me foute carrément des stéréotype et de m’assumer. J’aime ça moi manger, bon, c’est dit. J’aime ça quand arrive l’heure du souper, et que devant moi j’ai un délicieux repas, le tout servi avec un gros verre de vin rouge. Parce que oui, j’aime aussi l’alcool, j’aime ça prendre un verre parce que ma journée à mal été, à été épuisante, productive… Je suis un épicurienne, j’aime avoir du plaisir dans la vie, alors c’est hors de question de refuser une part de dessert sous prétexte d’ingurgiter des calories vides! Fuck-that-shit! C’est bon dedant ma yeule, so enwoye, amène la ta portion dessert. Ça, sa fait parti des plaisirs de la vie et moi je choisi d’en avoir du plaisir dans ma vie.

Bon, j’en entend me lire et se dire: « Asti d’grosse truie, elle va juste s’empiffrée  à partir de maintenant pis devenir une grosse torche. » Ben non, là n’est pas l’idée. L’idée c’est de me foute de ce que toi tu peux bien penser de moi. Tu trouve que j’ai un gros cul? So what? Il n’est pas encore assez gros pour te bloquer la vue, r’garde ailleurs Dude! J’m’en caliss de ton opinion. Parce que moi ce matin, quand j’ai lâché le miroir avant de partir pour le bureau, ben jme suis trouvé belle! Jme suis fait un beau sourire à moi même et je suis parti, la tête haute, affronter cette magnifique journée qui m’attendait. Et tu seras sans doute surpris de lire ça, mais oui, j’ai fais viré des têtes sur mon passage. Non pas parce que je suis une beauté fatale, mais parce que j’ai confiance en moi et je m’aime. À cause de ça je dégage un ptit je n’sais quoi qui attire les gens.

Donc morale de l’histoire, aimes toi et les autres t’aimerons. Trouves toi belle et tu attireras le regard. Ais confiance en toi et surtout, surtout, apprend à te foutre de l’opinion des autres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Qui suis-je?

Je suis une femme de 32 ans, dernièrement diagnostiquée avec un trouble du spectre de l’autiste, plus précisément asperger. Je suis en couple avec un homme merveilleux, que je surnomme affectueusement, Gros Zours! Nous sommes ensemble depuis  11 ans et des peanuts.Déjà ça, pour moi, c’est un exploit en soit. J’ai toujours cru que je serais vieille fille, frustrée et aigrie. J’aurai p-e l’occasion de vous élaborer le sujet éventuellement. Nous avons ensemble deux magnifiques enfants, Fille à 4 ans et demi, tit-homme à bientôt 3 ans. Deuxième exploit, j’ai longtemps dit que je détestais les enfants, qu’il m’était impossible d’en mettre au monde sans les scraper complètement ou carrément les tuer. C’est fou ce que quelques années de thérapie peut faire de bon sur une personne! Ou p-e est-ce cela que l’on appel, l’instinct maternel ??? Bref, je suis tellement loin de les tuer, j’arrive à peine à les mettre au coin. Au grand dam de mon chum, je suis le bon parent du couple. Ce qui signifie, haha, rire diabolique, qu’il est le méchant!! Sur ce sujet aussi j’aurai l’occasion d’y revenir. Ce que je fais dans la vie ? Je suis une informaticienne. Pourquoi écrire ce blog? Je ne sais encore trop où est-ce que je m’en vais avec ce projet. J’ai envie de parler de l’enjeux de vivre avec le syndrome de l’asperger. Expliquer aux gens ce que c’est au quotidien, mais aussi de montrer à d’autres aspergers qu’il est aussi possible d’avoir une vie dite « normale » même avec notre condition.